Publié le 23 septembre 2026
MONTMAGNY : QUE SE CACHE-T-IL DERRIÈRE LE GRAND SPECTACLE DES OISEAUX MIGRATEURS?
Il suffit parfois de lever les yeux.
À Montmagny, sur les rives du Saint-Laurent, le paysage change au rythme des saisons. À l’arrivée de l’automne, les oiseaux migrateurs offrent un spectacle bien particulier.
Peu à peu, ils prennent possession des battures et des marais. Ils s’y arrêtent pour se nourrir et reprendre des forces avant de poursuivre leur voyage vers le sud.
Parmi eux, la grande oie des neiges est certainement la vedette la plus connue. De la fin septembre à la fin octobre, des dizaines de milliers d’oies se rassemblent dans la région. Leurs envolées transforment alors complètement le paysage.
Une période tout indiquée pour prendre la route vers Montmagny.
Pourquoi tous ces oiseaux s’arrêtent-ils ici?
Pour le comprendre, il faut quitter le ciel des yeux et regarder un peu plus bas.
À Montmagny, le spectacle est dans le ciel, mais son histoire commence au sol.
POURQUOI LES OISEAUX MIGRATEURS S’ARRÊTENT-ILS À MONTMAGNY?
En bordure du Saint-Laurent, le parc du Marais de Montmagny offre une partie de la réponse.
Ici, le fleuve côtoie des marais, des étangs et différents habitats terrestres. Cette mosaïque crée des conditions particulièrement favorables à la faune.
Pour les oiseaux migrateurs, ces milieux sont essentiels. Ils y trouvent de quoi se nourrir, se reposer et reprendre des forces. Une halte essentielle avant de poursuivre un voyage qui peut les mener à des milliers de kilomètres.
L’importance du secteur pour les oiseaux est reconnue. Une partie du parc se trouve dans un refuge d’oiseaux migrateurs et dans une zone importante pour la conservation des oiseaux.
Les grandes envolées ne racontent qu’une partie de l’histoire.
Canards, bernaches et oiseaux de rivage fréquentent aussi les lieux. Plusieurs espèces en situation précaire y ont été observées, dont le hibou des marais, le petit blongios, le goglu des prés et l’hirondelle de rivage.
Et il suffit de regarder encore un peu plus près.
Des tortues peintes et serpentines fréquentent également le marais. Chauves-souris, oiseaux champêtres et de nombreuses autres espèces profitent des différents habitats du parc.
Derrière ce grand spectacle tout un écosystème contribue à rendre possible la migration.
UN MILIEU QUI TRAVAILLE EN SILENCE
Le rôle du marais ne s’arrête pas aux espèces qui le fréquentent.
Comme de nombreux milieux humides, il agit un peu comme une éponge. Il retient une partie de l’eau lors des grandes marées et contribue à protéger les rives contre l’érosion. Il participe aussi à la filtration de l’eau.
Des fonctions essentielles, mais parfois difficiles à percevoir lorsqu’on se promène simplement au bord du Saint-Laurent.
Cette richesse demeure toutefois fragile.
Au fil du temps, le secteur entourant le parc a été transformé par le drainage, le défrichage et l’agriculture. Une partie de la végétation qui reliait autrefois les différents habitats a disparu.
Or, pour la faune, avoir de bons habitats ne suffit pas toujours. Encore faut-il pouvoir circuler entre eux.
Entre le fleuve, le marais et les étangs, ces connexions permettent aux espèces de se déplacer, de trouver de la nourriture, de se reproduire et de s’abriter.
Préserver un milieu naturel ne consiste donc pas seulement à protéger ce qui existe déjà.
Parfois, il faut aussi protéger ou recréer les liens qui permettent au vivant de circuler.
PRENDRE LE TEMPS DE DÉCOUVRIR
De la fin septembre à la fin octobre, Montmagny devient un lieu privilégié pour observer la migration automnale.
Le Sentier de l’Oie blanche, à Montmagny, permet de parcourir le parc du Marais et de découvrir les habitats qui accueillent les oiseaux migrateurs, les tortues et plusieurs autres espèces.
Prenez le temps de regarder autour de vous. Les oiseaux attirent peut-être d’abord le regard, mais les marais, les étangs et leurs habitants ont eux aussi beaucoup à raconter.
Une sortie où l’on vient pour le spectacle… et où l’on découvre tout ce qui le rend possible.
RENCONTRER CEUX QUI AGISSENT
RECRÉER DES CHEMINS POUR LE VIVANT
Comment permettre à la faune de mieux circuler entre les habitats tout en donnant au public accès à ce milieu naturel?
C’est le défi auquel la Ville de Montmagny s’est attaquée en aménageant le parc du Marais et en prolongeant le Sentier de l’Oie blanche.
Plus de 100 arbres ainsi que 300 arbustes et graminées ont été plantés. Pour la faune, cette végétation offre des espaces où circuler, se nourrir et s’abriter.
D’autres interventions répondent à des besoins plus précis. Deux étangs ont été bonifiés afin d’améliorer les habitats disponibles. Des aménagements ont aussi été réalisés pour les oiseaux et les chauves-souris.
Même les tortues ont maintenant leurs espaces. Trois sites de ponte ont été aménagés pour leur offrir des endroits plus sécuritaires et réduire les risques de dérangement.
Il ne restait qu’une autre espèce à intégrer à l’équation : nous.
Le Sentier de l’Oie blanche a été prolongé d’environ un kilomètre afin de permettre aux visiteurs de parcourir le milieu de façon sécuritaire. Des panneaux d’interprétation permettent également de découvrir les espèces présentes et de mieux comprendre les aménagements réalisés.
UN PROJET PORTÉ PAR SON MILIEU
Le projet a été réalisé par la Ville de Montmagny, avec le soutien financier de la Fondation pour la biodiversité et la faune du Québec par l’entremise du Programme Hydro-Québec pour la mise en valeur des milieux naturels.
L’une des forces du projet réside dans la participation de la communauté.
Des jeunes des écoles primaires de la région ont participé aux plantations et aux aménagements. Le parc devient ainsi, à la fois, un lieu de découverte, d’observation et d’apprentissage sur la biodiversité.
La sensibilisation se poursuit également auprès des visiteurs. Des outils d’interprétation les invitent à mieux connaître certaines espèces et à comprendre les défis auxquels elles font face.
En soutenant des initiatives comme celle-ci, la Fondation contribue à réunir différentes expertises autour d’un même objectif : préserver le vivant tout en permettant au public de mieux le découvrir.
L’objectif n’est pas de choisir entre rendre le marais accessible et protéger sa biodiversité.
Il est de créer les conditions pour faire les deux, car le grand spectacle de la migration ne dépend pas seulement des oiseaux que l’on voit passer.
Il dépend aussi de tous les milieux que nous choisissons de préserver sur leur route.
Parce que prendre la route du vivant, c’est aussi rencontrer celles et ceux qui agissent pour le préserver.
Poursuivre la route
Chaque destination raconte une histoire différente du vivant.
Une île peut devenir un refuge. Un paysage côtier peut abriter tout un monde. Observer un béluga peut nous apprendre à garder nos distances. Et un marais peut devenir une étape essentielle dans un voyage de plusieurs milliers de kilomètres.
La route ne fait que commencer.
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