Publié le 13 septembre 2026

Comment sait-on qu’une espèce est en danger?

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La situation d’une espèce ne devient pas précaire du jour au lendemain. 

Parfois, sa population diminue. Son aire de répartition se rétrécit. Son habitat se transforme. De nouvelles menaces apparaissent. Dans d’autres cas, l’espèce est naturellement peu abondante ou présente sur un territoire restreint, ce qui peut la rendre particulièrement vulnérable. 

Comment passe-t-on de ces observations à la conclusion qu’une espèce est en danger? 

Tout commence par la connaissance. 

Observer pour comprendre

Pour savoir si une espèce est en difficulté, il faut d’abord être capable de suivre son évolution.

Inventaires et suivis des populations sur le terrain, recherche sur les habitats, observations des comportements, etc. Au fil du temps, les données permettent de brosser un portrait plus précis.

Les spécialistes s’intéressent notamment à la répartition géographique d’une espèce, à son abondance, à l’état et aux tendances de ses populations, mais aussi aux facteurs qui limitent sa survie et aux menaces auxquelles elle fait face.

Ces connaissances ne servent pas seulement à constater qu’une espèce va bien ou moins bien. Elles permettent de comprendre ce qui se passe et, surtout, de cibler les interventions.

Faut-il protéger certains habitats, restaurer un milieu dégradé ou réduire une source de mortalité? Ou faut-il encore acquérir des connaissances avant de pouvoir déterminer la meilleure façon d’intervenir? C’est pourquoi, dans plusieurs projets de conservation, acquérir des connaissances constitue une étape essentielle pour passer à l’action.

© Jean-Simon Bégin

Quand les connaissances permettent de sonner l’alarme

Plus les connaissances s’accumulent, plus il devient possible d’évaluer la situation d’une espèce et son niveau de précarité. 

Au Québec, certaines espèces dites « susceptibles d’être désignées » font ainsi l’objet d’une attention particulière et peuvent éventuellement être désignées menacées ou vulnérables. Cette évaluation repose sur des critères scientifiques et tient compte de l’état des populations, de leur évolution, de la répartition de l’espèce et des menaces à sa survie. 

Que signifient exactement les différents statuts?

Menacée, vulnérable, susceptible… quelle différence?

Le statut permet de reconnaître officiellement la précarité d’une espèce. Lorsqu’une espèce est désignée menacée ou vulnérable, des mesures visant sa protection et son rétablissement peuvent être mises en place selon ses besoins.  Mais connaître son statut ne nous dit pas encore comment agir

Comprendre ce qui menace pour savoir comment agir

Dégradation, fragmentation ou conversion des habitats, pollution, maladies, collisions, dérangement causé par les activités humaines : les pressions qui s’exercent sur les espèces sont nombreuses et peuvent parfois se cumuler. 

La réponse ne peut donc pas être la même pour toutes les espèces

Pour l’une, il faudra protéger un habitat essentiel. Pour une autre, restaurer ou aménager un milieu, maintenir des corridors de déplacement, réduire une source de mortalité ou adapter certaines pratiques. Dans d’autres situations, il faudra poursuivre l’acquisition de connaissances pour mieux cibler les interventions. 

Bien souvent, plusieurs de ces leviers doivent être combinés

C’est ce passage de la connaissance à l’action qui se trouve au cœur de nombreux projets de conservation. 

QUAND CONNAÎTRE PERMET D’ANTICIPER

À Terrebonne, la couleuvre brune et la couleuvre tachetée sont déjà reconnues comme des espèces en situation précaire. Les connaissances acquises sur leur présence et leurs besoins en habitats permettent aujourd’hui de connaître et d’anticiper certaines pressions qui s’accentueront au cours des prochaines années.

La Ville peut ainsi intégrer leurs besoins à sa planification territoriale, mieux encadrer les transformations à venir et prévoir des interventions adaptées pendant que ces espèces sont encore présentes dans certains secteurs.

C’est un exemple concret de ce que la connaissance rend possible : agir sur les pressions avant qu’elles accentuent davantage le déclin d’une espèce.

© Stéphane Vézina

Protéger avant qu’il ne soit trop tard

Chaque espèce présente une réalité différente. C’est pourquoi les efforts visant le rétablissement doivent se dérouler à plusieurs niveaux : acquérir des connaissances, protéger des habitats, aménager ou restaurer des milieux, transmettre des connaissances et réduire les pressions qui fragilisent les populations. 

C’est aussi pourquoi la Fondation soutient des projets à différentes étapes de la conservation. 

Grâce au programme Espèces en danger, nous donnons aux organismes, aux municipalités et aux autres acteurs du territoire les moyens de mieux comprendre la situation des espèces en situations précaires et de mettre en œuvre des interventions adaptées à leurs besoins. 

Une situation préoccupante ne signifie pas qu’il est trop tard. 

Au contraire, mieux comprendre ce qui fragilise une espèce permet de déterminer où les efforts peuvent faire une différence et d’agir sur les causes de son déclin

Une espèce n’a pas besoin d’être au bord de la disparition pour avoir besoin de nous. Lorsqu’elle est déjà menacée ou vulnérable, chaque connaissance acquise peut nous aider à mieux orienter les actions nécessaires à sa protection et à son rétablissementObserver, comprendre et agir pendant qu’il existe encore des solutions : c’est aussi cela, protéger avant qu’il ne soit trop tard.

VOUS AVEZ UN PROJET?

La Fondation soutient des initiatives qui permettent de mieux connaître les espèces en situation précaire et de protéger, aménager ou restaurer leurs habitats.

Oiseau

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