Publié le 1 juin 2020

Guide d’aménagement de l’habitat du tétras du Canada (Falcipennis canadensis)

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Le tétras du Canada (Falcipennis canadensis) est une espèce sensible à l’exploitation forestière et des aménagements forestiers adéquats peuvent aider à augmenter ou à stabiliser les populations de tétras pour répondre entre autres à la demande en petit gibier des chasseurs. Des normes d’aménagement ont déjà été proposées aux États-Unis, mais le contexte bioclimatique et le statut de l’espèce au Québec sont différents, ce qui impose d’en tenir compte afin de guider les aménagistes dans la conception et la mise en place de plans d’aménagement de l’habitat du tétras du Canada.


Au Québec, on trouve le tétras dans quatre régions de conservation des oiseaux, qui couvrent cinq domaines bioclimatiques. Cette espèce peut vivre dans une gamme de milieux forestiers allant de peuplements peu productifs à des peuplements de plus de 120 ans. Les conifères sont cependant indispensables à sa présence, plus spécifiquement les forêts dominées par les essences résineuses à aiguilles courtes (épinettes, sapin baumier, pin gris, mélèze laricin). Le tétras se rencontre notamment là où la végétation arbustive est plus dense (de 2500 à 3500 tiges/ha) et où le couvert
arborescent atteint une hauteur de 7 à 14 mètres. Cet oiseau a besoin de plusieurs types d’habitats selon les saisons pour s’alimenter, se reproduire et s’abriter. La taille du domaine vital du tétras varie en fonction des individus, du sexe, de l’âge et de la saison. Elle fluctue de 15 à 30 ha et peut même dépasser 100 ha durant l’automne.


L’exploitation intensive des forêts de conifères entraîne une perte d’habitats pour le tétras, ce qui a conduit à la quasi-disparition de cette espèce dans la partie méridionale de son aire de répartition. Au Québec, le tétras est reconnu comme l’une des espèces sensibles à l’aménagement forestier. La coupe totale nuit effectivement à cet oiseau et peut souvent mener à l’extinction locale de certaines populations. Les coupes partielles et les traitements d’éducation ont également un impact négatif sur les populations de tétras. Néanmoins, des études ont démontré que le tétras pouvait trouver des habitats favorables dans les paysages exploités par des coupes avec protection de la régénération et des sols, à condition de maintenir des forêts résiduelles (de plus de 10 m de hauteur) après la récolte.

L’élaboration d’un plan d’aménagement doit comporter l’identification des habitats favorables au tétras du Canada afin d’établir un portrait du territoire sous aménagement ou de prioriser la conservation des meilleurs habitats. Les répercussions des perturbations humaines sur le tétras du Canada varient selon l’état des populations de l’espèce. Le plan d’aménagement devra en tenir compte en proposant des mesures de protection ou de mise en valeur qui vont différer selon la disponibilité d’habitats favorables à l’échelle du paysage dans la région dans laquelle il est destiné. On propose trois types de plans d’aménagement : un pour le domaine de la pessière où la disponibilité d’habitats est la plus élevée, un deuxième pour le domaine de la sapinière, et enfin, un troisième pour le domaine de l’érablière où les habitats favorables sont naturellement présents de façon plus morcelée.