Publié le 1 septembre 2021
Guide d’aménagement de l’habitat du lièvre d’Amérique au Québec
Le lièvre d’Amérique est une espèce clé des forêts québécoises, étant un maillon important de la chaîne trophique et la proie de nombreuses espèces de prédateurs à la fois terrestres et aviaires. De plus, il s’agit d’une des trois espèces de petit gibier les plus populaires pour la chasse. Ainsi, un aménagiste pourrait, selon le contexte, aussi bien concevoir un plan d’aménagement pour favoriser le lièvre sur un territoire à vocation d’exploitation faunique (Réserve faunique, ZEC, pourvoirie) ou encore un plan d’aménagement écosystémique qui prendrait en compte les besoins du lièvre afin de maintenir une communauté faunique en santé.
Au Québec, le lièvre est présent partout sur le continent jusqu’à la limite des arbres. Il utilise des types d’habitats très variés, passant de forêts purement résineuses à des forêts mixtes ou même feuillues. En fait, il utilise les milieux qui lui permettent de combler ses besoins en abri et en alimentation. C’est surtout le couvert latéral (obstruction visuelle) près du sol qui représente l’élément critique, fournissant à la fois un écran contre les prédateurs et un abri contre le froid. Un peuplement doit avoir un couvert latéral de plus de 85 % pour être optimal pour le lièvre, surtout en hiver. Le lièvre se nourrit d’une grande variété de plantes herbacées et de jeunes feuilles d’arbres et d’arbustes en été, alors qu’il s’alimente principalement des ramilles et des bourgeons d’essences feuillues (brout) en hiver. L’été, il utilise donc volontiers des milieux plus ouverts où la nourriture abonde (éclaircies, jeunes forêts denses et bords de routes). L’hiver, il devra trouver un compromis entre des milieux offrant de la nourriture (plus feuillus) et des milieux offrant un couvert de protection (plus résineux).
Comme le lièvre apprécie les jeunes forêts denses, les coupes forestières, même intenses, ne représentent qu’une perte d’habitat relativement courte dans le temps (env. 10-15 ans). Dans les zones de forêts mélangées et résineuses, les coupes créent même des habitats très favorables pour le lièvre en augmentant la proportion de feuillus. En revanche, l’ajout de traitements d’éducation
(de type éclaircie précommerciale) et les coupes partielles à plusieurs passes prolongent le délai avant le retour du lièvre dans les parterres de coupe.
L’élaboration d’un plan d’aménagement doit comporter l’identification des habitats favorables pour le lièvre afin d’établir un portrait de la situation du territoire à aménager. Un modèle de qualité de l’habitat considérant la zone forestière est proposé afin d’établir ce portrait et d’identifier les lacunes éventuelles. Selon les objectifs d’aménagement déterminés, plusieurs traitements sont présentés afin de guider les aménagistes dans leurs choix de prescriptions.