Publié le 10 mai 2023
Conserver au sud du Québec
Des milieux naturels sous pression
Le sud du Québec abrite une biodiversité exceptionnelle, mais il figure aussi parmi les régions les plus transformées du territoire québécois. L’urbanisation, l’expansion agricole, le développement d’infrastructures et la fragmentation du paysage ont mené à une réduction importante des milieux naturels, en particulier sur les terres privées.
Les milieux humides, les boisés isolés, les forêts riveraines et les prairies naturelles y sont de plus en plus rares ou de plus petites tailles. Cette réalité affecte la santé des écosystèmes, la connectivité écologique et la capacité de la biodiversité à s’adapter aux changements climatiques.
Dans ce contexte, la conservation volontaire sur les terres privées joue un rôle essentiel pour protéger les milieux encore intacts, restaurer des habitats et maintenir les fonctions écologiques dans les paysages les plus habités de la province.
Un levier majeur pour la conservation sur les terres privées
Le projet Accélérer la conservation dans le sud du Québec (ACSQ) est un accord de cofinancement établi entre le gouvernement du Québec et Conservation de la nature Canada (CNC). Il a pour objectif de soutenir les efforts de conservation sur les terres privées, là où les milieux naturels sont souvent les plus menacés.
Le projet permet de financer des initiatives qui visent notamment :
- la protection à long terme de milieux naturels d’intérêt, par l’acquisition ou la conservation volontaire ;
- la création ou le renforcement de corridors écologiques, essentiels au maintien de la biodiversité ;
- et le développement du réseau d’aires protégées en terres privées, en complémentarité avec les efforts publics.
L’ACSQ repose sur un modèle de partenariat : les fonds investis par ACSQ doivent être jumelés à des contributions provenant de d’autres sources de financement non gouvernementales. Ce mécanisme permet de maximiser l’impact des investissements et de mobiliser un plus grand nombre d’acteurs autour d’objectifs communs de conservation.
Une mobilisation qui transforme les territoires
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113
M$ investis en conservation
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44
municipalités impliquées dans des projets de conservation
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5 331
hectares additionnels protégés
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79
projets d’acquisition réalisés
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48
espèces en situation précaire bénéficiant de la protection d’habitats
Un programme phare pour soutenir les porteurs de projets
Grâce à l’entente ACSQ, la Fondation pour la biodiversité et la faune du Québec peut bonifier son soutien à la conservation par l’intermédiaire de son programme d’aide financière Protéger les habitats – volet Principal.
Ce programme vise à appuyer des projets concrets portés par des organismes de conservation, des fiducies foncières et d’autres partenaires engagés dans la protection des milieux naturels fauniques. Il soutient :
- l’acquisition ou la conservation volontaire de territoires à fort potentiel écologique ;
- la mise en valeur et la protection à long terme des habitats naturels ;
- la création de conditions favorables à la biodiversité, au cœur même des paysages habités.
En s’arrimant à la vision de l’ACSQ, le programme permet de canaliser des ressources supplémentaires vers les projets qui renforcent la conservation en terres privées et contribuent à la connectivité des milieux naturels du sud du Québec.
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Protection du parc de la rivière Batiscan
Mauricie
Montant accordé par la Fondation : 760 185 $Le Parc de la rivière Batiscan inc. procédera à l’acquisition de quatre lots forestiers totalisant 146 hectares, contigus au territoire actuel du parc. Ce projet permettra d’accroître significativement la superficie protégée afin de préserver des milieux naturels d’intérêt et de consolider un important espace régional dédié à la conservation, à l’éducation et à la récréation en nature.
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Aire protégée Le Passage
Laurentides
Montant accordé par la Fondation : 300 000 $Éco-corridors laurentiens travaille à l’acquisition d’un terrain de 24 hectares à Wentworth-Nord, dans les Laurentides. Stratégiquement situé à proximité de milieux déjà protégés et de terres publiques, ce projet contribue à renforcer la connectivité écologique régionale et la création d’un réseau cohérent d’aires protégées, en collaboration avec la municipalité et les résidents.
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Parc du Bois-Beckett
Porté par la ville de Sherbrooke, ce projet vise à assurer l’intendance et à améliorer la gestion écologique du parc du Bois-Beckett, un site exceptionnel de 139 hectares situé en plein cœur de la ville. Inscrit au registre des aires protégées du Québec, ce boisé accessible au public fera l’objet d’actions structurées : acquisition de nouvelles connaissances, élaboration d’un plan de gestion et mise en œuvre d’interventions concrètes pour préserver sa biodiversité.
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Sentier Méandre
Montérégie
Montant accordé par la Fondation : 22 000 $Le Centre Boisé des Douze mène un projet d’intendance et de restauration du sentier Méandre, situé dans un milieu naturel sensible de la Montérégie. L’initiative vise à encadrer les déplacements des visiteurs afin de protéger la biodiversité du site tout en améliorant l’accessibilité du sentier. En valorisant cet espace, le projet contribue à sensibiliser le public à la conservation et à préserver l’intégrité écologique du secteur.
« Ce partenariat est une opportunité concrète pour la Fondation de la faune du Québec de renforcer son action en conservation sur les terres privées du sud du Québec. Il illustre la force de la collaboration entre organismes et institutions, et nous permet d’amplifier notre impact en accompagnant les porteurs de projets pour bâtir un réseau cohérent de milieux naturels protégés. Ce travail collectif s’inscrit pleinement dans notre mission : préserver la biodiversité et favoriser des milieux naturels sains afin d’assurer un équilibre durable entre la faune, les habitats et les communautés, aujourd’hui et pour les générations à venir. »