Publié le 27 juillet 2026

Connectivité écologique dans les Laurentides : bâtir les corridors écologiques de demain

  • Conservation
  • Étude de cas

Depuis plus de dix ans, la Fondation pour la biodiversité et la faune du Québec soutient des partenaires qui travaillent à maintenir et restaurer la connectivité écologique dans les Laurentides afin de favoriser les déplacements de la faune et la résilience des écosystèmes.

Quand les habitats ne suffisent plus

Pendant longtemps, la conservation reposait principalement sur la protection de milieux naturels individuels.

Or, pour la faune, ces milieux ne fonctionnent pas de façon isolée. Les animaux doivent pouvoir se déplacer pour se nourrir, se reproduire, trouver refuge ou s’adapter aux changements climatiques. Lorsque les habitats sont fragmentés par les routes ou le développement du territoire, ces déplacements deviennent plus difficiles, compromettant la survie de nombreuses espèces.

La connectivité écologique répond à cet enjeu en préservant les corridors naturels qui relient les habitats et permettent au vivant de circuler. Aujourd’hui, cette approche est devenue un levier essentiel pour maintenir la biodiversité.

POURQUOI LES LAURENTIDES?

Un territoire riche et sous pression

Avec ses vastes forêts, ses montagnes, ses lacs et ses milieux humides, les Laurentides constituent un territoire stratégique pour la biodiversité du sud du Québec.

Cette richesse est toutefois fragilisée par la croissance du développement résidentiel et récréotouristique ainsi que par la présence de grands axes routiers qui fragmentent les habitats et limitent les déplacements de la faune.

Face à cette réalité, protéger des milieux naturels isolés ne suffit plus. Il faut également préserver les liens qui les unissent.

C’est dans cette perspective qu’Éco-corridors laurentiens a entrepris d’identifier les grands noyaux forestiers et les corridors naturels afin d’orienter les efforts de conservation là où ils auront le plus d’impact.

Les défis observés dans les Laurentides illustrent toutefois une réalité qui dépasse cette seule région. Partout au Québec, la fragmentation des habitats soulève les mêmes enjeux et appelle une approche concertée à plus grande échelle.

QUAND UN INVESTISSEMENT DEVIENT UN LEVIER

C’est dans ce contexte qu’est lancée, en 2017, l’Initiative québécoise Corridors écologiques (IQCÉ), qui rassemble six grands partenaires autour d’une vision commune : conserver davantage de milieux naturels reliés entre eux par des corridors écologiques.

Reconnaissant le potentiel structurant de cette approche, la Fondation choisit de soutenir l’initiative de dès 2018 en lui accordant un financement de 550 000 $ dans le cadre de Capital faune, une entente de partenariat avec le ministère de l’Environnement, de la lutte aux changements climatiques, de la faune et des parcs. Pour elle, maintenir les liens entre les habitats représente une occasion importante de contribuer à la pérennité des populations animales à long terme.

Mais cet investissement va bien au-delà du financement. En s’engageant dès les premières années de l’initiative, la Fondation contribue à faire progresser une vision provinciale de la connectivité écologique et à renforcer un effet de levier fondé sur la collaboration entre de nombreux acteurs du territoire.

En soutenant cette démarche, la Fondation joue pleinement son rôle de catalyseur et de partenaire financier. Elle contribue à maximiser les retombées de ses investissements en appuyant une vision portée collectivement par les organisations fondatrices de l’Initiative québécoise Corridors écologiques et leurs partenaires.

Les organisations fondatrices de l’IQCÉ

Transformer une vision en feuille de route

Un plan régional de connectivité

Après avoir contribué à faire émerger une vision commune de la connectivité écologique, la Fondation accompagne une nouvelle étape de la démarche : sa traduction en plan d’action régional.

En 2023, elle soutient Éco-corridors laurentiens dans l’élaboration du premier plan régional de connectivité écologique des Laurentides. Grâce à une vaste démarche de concertation, les partenaires identifient les secteurs prioritaires, définissent une vision commune et établissent une feuille de route qui guidera les interventions des prochaines années.

Cette étape marque le passage d’une vision partagée à une stratégie concertée à l’échelle du territoire.

Le corridor écologique Oka–Tremblant

Après la planification vient la mise en œuvre.

En soutenant le projet porté par Éco-corridors laurentiens et Terra-Bois, la Fondation contribue cette fois à faire vivre la connectivité écologique sur le terrain.

Le projet mise sur un levier essentiel : l’engagement des propriétaires forestiers. Par l’entremise de visites terrain, d’ateliers et d’activités de transfert de connaissances, des propriétaires démontrent qu’il est possible de concilier production forestière, protection des habitats et maintien de la connectivité écologique.

En parallèle, une table de concertation réunit les acteurs du territoire afin d’assurer la cohérence entre les actions réalisées sur le terrain et la planification régionale.

Cette initiative illustre comment une vision de conservation peut progressivement se traduire en changements concrets dans les pratiques d’aménagement.

Renard

Comment le projet agit sur le terrain

  • Visites terrain

    de démonstration

  • Mobilisation

    des propriétaires forestiers

  • Bonification des pratiques

    favorables à la biodiversité

  • Concertation

    avec les municipalités et la MRC

  • Maintien de la connectivité

    aquatique et terrestre

Objectif 2040

Contribuer à la consolidation d’au moins 75 % des superficies identifiées comme corridors écologiques dans les Laurentides.

Des retombées qui dépassent un seul projet

L’engagement de la Fondation dans les Laurentides illustre comment une démarche de conservation peut prendre de l’ampleur lorsqu’elle s’inscrit dans le temps.

En soutenant successivement l’acquisition de connaissances, la concertation régionale puis la mise en œuvre d’actions sur le terrain, elle a contribué à faire progresser une vision commune de la connectivité écologique.

Aujourd’hui, les corridors écologiques des Laurentides ne sont plus seulement des secteurs identifiés sur une carte. Ils orientent les priorités de conservation et de planification du territoire, tout en mobilisant un nombre croissant d’acteurs autour d’un objectif commun : préserver les liens essentiels entre les habitats afin d’assurer la résilience de la biodiversité.

REGARD VERS L’AVENIR

Cette étude de cas illustre le rôle que peut jouer la Fondation dans l’évolution d’une démarche de conservation : reconnaître une approche prometteuse, contribuer à sa structuration, accompagner sa mise en œuvre et soutenir les partenaires qui la concrétisent sur le terrain.

Parce que protéger la biodiversité ne consiste pas seulement à préserver des milieux naturels. C’est aussi maintenir les liens qui permettent au vivant de circuler, de s’adapter et de prospérer.

Ensemble pour le vivant

Chaque contribution compte. Que vous souhaitiez soutenir la Fondation ou concrétiser un projet sur le terrain, nous pouvons agir ensemble pour la biodiversité.