Publié le 13 octobre 2025
Concilier agriculture et biodiversité dans le littoral du lac Saint-Pierre
Dans la plaine inondable du lac Saint-Pierre, les activités agricoles et la biodiversité partagent un même territoire.
Grâce à sa connaissance du milieu agricole, la Fédération de l’UPA de Lanaudière a mis en place une démarche concrète pour accompagner les producteurs dans l’intégration d’aménagements favorables à la faune.
Avec le soutien de la Fondation, ces actions permettent aujourd’hui de recréer des habitats essentiels, tout en maintenant la productivité des terres.
Des habitats recréés en milieu agricole
Dans le littoral du lac Saint-Pierre, plusieurs zones basses, autrefois occupées par des prairies naturelles, ont été converties au fil du temps en cultures annuelles comme le maïs et le soya.
Ces transformations ont réduit :
- les zones de fraie et d’alevinage pour les poissons
- les habitats pour les oiseaux et les amphibiens
- la diversité des milieux présents dans la plaine inondable
Aujourd’hui, les aménagements réalisés permettent de réintroduire, au cœur même des terres cultivées :
- des bandes riveraines élargies, qui protègent les cours d’eau
- des zones végétalisées en bordure des fossés agricoles
- des secteurs propices à la reproduction de la perchaude, notamment dans les zones basses du littoral
Des interventions ciblées, qui recréent une mosaïque d’habitats utiles à la faune, sans retirer les terres de la production.
Améliorer le fonctionnement du littoral
Au-delà des habitats, ces aménagements contribuent à rétablir des fonctions écologiques essentielles.
Dans un territoire où les crues printanières sont fréquentes :
- les bandes végétalisées ralentissent l’écoulement de l’eau
- elles filtrent une partie des sédiments et des nutriments issus des terres agricoles
- elles réduisent l’impact des apports dans le lac
Ces interventions participent directement à la qualité de l’eau et à la santé globale de l’écosystème du lac Saint-Pierre.
Intégrer la biodiversité aux pratiques agricoles
L’un des éléments clés du projet repose sur un outil concret : le cahier du propriétaire.
Remis à chaque producteur, il permet de :
- cartographier les superficies cultivées, les fossés et les cours d’eau
- identifier les zones à fort potentiel faunique, notamment dans les secteurs inondables
- proposer des aménagements adaptés aux réalités de chaque entreprise agricole
Ce travail se fait en collaboration étroite avec les producteurs, en tenant compte :
- des contraintes de production
- des conditions hydriques (cotes d’inondation, fréquence des crues)
- des pratiques déjà en place
Une approche sur mesure, qui permet d’intégrer la biodiversité sans opposer agriculture et environnement.
S’appuyer sur une mobilisation du milieu
Ce projet repose sur une collaboration structurée entre plusieurs acteurs du territoire :
- la Fédération de l’UPA de Lanaudière, qui assure le lien avec les producteurs
- les municipalités et la MRC, notamment pour les travaux liés aux cours d’eau
- des organismes spécialisés, comme la ZIP du lac Saint-Pierre, pour les plantations
- les ministères concernés, qui contribuent à l’expertise technique
Au total, 55 producteurs agricoles ont été sensibilisés et accompagnés dans cette démarche.
Une mobilisation qui démontre que le milieu agricole peut être un acteur clé de la restauration écologique.
Agir pour le vivant
Ce projet montre qu’il est possible de concilier production agricole et biodiversité, en travaillant à l’échelle du territoire et en s’appuyant sur les acteurs qui le connaissent.
En contribuant à la campagne, vous permettez :
- d’accompagner davantage de producteurs dans la mise en place d’aménagements fauniques
- de restaurer des habitats essentiels dans des milieux stratégiques
- de soutenir des solutions concrètes, adaptées aux réalités du terrain